[Test et Mode d’emploi] L’écharpe Originale de JPMBB


Voilà bien longtemps que je n’ai plus écrit ici… Faute de temps, parce que des sujets, j’en ai à la pelle, dont beaucoup que vous m’avez soufflé au travers de vos commentaires, mails, et pour certaines que j’ai pu rencontrer IRL, en direct!

Je profite donc d’avoir temporairement un peu de ce précieux temps pour terminer enfin ce qui a été l’objet d’une de vos premières demandes, mais que je n’avais pu que commencer à l’époque : titre_jpmbb01

Cette écharpe, créée par Je Porte Mon Bébé en 2007, est une écharpe de portage tricotée.
Tricotée, ça veut dire quoi? Que son tissage (enfin, son tricotage plutôt!) n’a rien à voir avec celui d’une écharpe de portage classique : le tissu est extensible.
Elle a été ma toute première écharpe, que j’avais commandée à 5 mois de grossesse : il était d’ores et déjà certain que Progéniture serait porté (en noir-poche-noir, bien entendu!).
Elle se décline en version longue ( « L’Originale » ), en version courte (« La Courte ») et maintenant en Basic (plus fine, moins large, plus courte que la longue). Je vais surtout vous parler de la longue (donc « L’Originale« ), car c’est la seule que je possède.

Extensible???

Ne vous étouffez pas, je ne suis pas en train de vous présenter un porte-bébé dangereux, bien au contraire! Cette élasticité (en étoile, donc dans tous les sens possibles), si elle peut rebuter au début, est un grand atout lors de l’ajustement de l’écharpe entre soi et le bébé, et permet de venir former comme une seconde peau contre le porteur et le porté : un véritable cocon!

S’il est vrai que cela rend le serrage un peu plus long qu’avec une écharpe tissée (donc non extensible), le confort que cette écharpe procure est sans pareil. Il s’agit réellement d’un nid douillet que l’on crée autour de soi et de son enfant, on en oublie presque le tissu, tant il est souple et moelleux.

 

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Bon, et du coup, ça s’utilise comment?

Cette écharpe est extrêmement ambivalente. Elle permet de réaliser la plupart des noeuds classiques, à condition qu’au moins deux couches de tissu soient présentes sur le dos de bébé.
En effet, à cause de l’élasticité du tissu, une seule couche sur le dos de l’enfant ne permet pas d’assurer un maintien optimal, et peut s’avérer dangereux (en cas de serrage insuffisant, de mouvements amples de l’enfant…).

Quelques exemples des noeuds possibles à réaliser avec une JPMBB : le double hamac (ventral ou dorsal), l’assis de profil, le portage sur la hanche… Mais toujours, et j’insiste, minimum 2 couches de tissu sur le dos de l’enfant!

Le serrage peut s’avérer être un peu difficile au début, toujours à cause de l’élasticité du tissu : là où, avec une écharpe tissée, on n’aura qu’à tirer jusqu’à ce que ça ne bouge plus, avec une tricotée comme ici, c’est plus délicat, car le tissu est joueur : on a l’impression qu’il est tendu au maximum mais ce n’est pas toujours le cas.
Cela dit, avec la pratique, on apprivoise facilement et rapidement ce tissu, et on réalise que le serrage peut se faire encore plus près des corps qu’avec une écharpe tissée. Le tissu de la JPMBB vient se nicher au moindre recoin et creux des corps, pour envelopper porteur et porté comme une seconde peau (ce qu’on retrouve, à mon avis, chez tous les produits JPMBB).

Mais cette écharpe a un atout supplémentaire, lié à son élasticité : elle permet de réaliser ce qu’on appelle le noeud de base.
Le noeud de base, c’est quoi? C’est un nouage à 3 couches que l’on réalise sur soi, sans l’enfant, et dans lequel on pourra installer ou sortir l’enfant sans avoir à défaire le noeud à chaque fois.
C’est ce qui m’a convaincue lorsque je recherchais ma première écharpe de portage. La facilité, la praticité qu’offre ce noeud.

Imaginez, vous sortez faire une course en voiture. Vous n’aurez qu’à prendre 45secondes pour installer bébé dans l’écharpe que vous aurez nouée au préalable chez vous, au calme, sans faire traîner les pans sur un sol dégueu et/ou mouillé.
Ou tout simplement, bébé est porté mais souhaite être posé un peu (ou a faim, ou a besoin d’être changé, ou… bref, il faut sortir bébé de l’écharpe!) : pas besoin de défaire le noeud, et dès que bébé demandera à nouveau à être porté, il sera alors installé immédiatement.

Oui, ça peut faire gadget. Moi aussi, je porte également en tissée, donc je défais et refais les noeuds à chaque fois… Mais je dois reconnaître que le noeud de base, en JPMBB, est vraiment pratique. Et confortable, bien au-delà de ce qu’on peut imaginer.

Oui, parlons-en, du confort.

Je l’ai déjà évoqué, cette écharpe est incroyablement moelleuse et douce.
Déjà, rien que le tissu, c’est du bonheur. J’aurai presque envie d’en découper une et de m’en faire des taies d’oreiller.

Mais une des particularités de la JPMBB (et des écharpes tricotées en général, mais je trouve que la JPMBB est vraiment la plus confortable), c’est que grâce à son élasticité, elle se plaque davantage sur le corps qu’une écharpe classique (tissée). Ainsi, le poids de l’enfant est réparti au maximum sur le dos et les épaules de son porteur, il est comme diffusé.
Pour appuyer mes propos, sachez que Progéniture, 28 mois, 17kg, est toujours porté en JPMBB Originale, et que c’est toujours très confortable, même pour de longues durées (en gros, les siestes, parce qu’en temps d’éveil, il n’aime plus rester longtemps dans l’écharpe).

Par contre, c’est une écharpe chaude. Déjà, puisqu’il faut obligatoirement 2 couches minimum de tissu sur le dos de bébé, il est assez logique qu’elle soit plus chaude qu’une écharpe tissée qui ne nécessitera pour certains nouages qu’une seule couche pour un bon maintien.
Mais même, son tissu est plus épais (et donc chaud) que beaucoup d’écharpes. Cette densité  assure un meilleur maintien, et permet également de porter confortablement les plus grands, mais du coup, ça tient chaud.
En hiver, c’est très appréciable! Mais en été, personnellement j’ai tendance à la laisser rangée au profit d’écharpes tissées plus fines, ou de mei-taï.
(cela dit, JPMBB a sorti cette année la « Basic », petite soeur de l’Originale, plus fine, moins large, plus courte, qui semblerait être plus agréable en portage estival – je vous invite à chercher des avis sur la question, je n’ai pas eu l’occasion de la tester moi-même)

Donc en résumé : confort extrême, mais chaude.

Mais chez JPMBB, il y a plusieurs écharpes, alors comment m’y retrouver?

Faisons simple : la gamme d’écharpes JPMBB se décline en 3 versions :
l’Originale, 5mx70cm
la Courte, 3,5mx70cm
la Basic, 4,60mx50cm
En plus de la Petite Echarpe Sans Noeud, dont je vous avais déjà parlé ici.

L’Originale et la Courte se distinguent par leur poche en leur milieu. Cette poche ne sert à rien d’autre qu’à faire joli et éventuellement attacher une tétine ou un doudou, mais y glisser un objet rendrait le portage inconfortable pour celui qui se trouve sous la poche (généralement, le bébé). Elles partagent les mêmes coloris, et sont souvent bicolores, donc. C’est de celles-ci dont je vous parle. Elles permettent de porter de la naissance à… JPMBB dit 14kg, moi je dis tant que bébé voudra bien être porté. Personnellement, je peux vous assurer que 17kg ne suffisent pas à déformer le tissu, rien ne bouge!
Mais alors, pourquoi choisir une Courte au lieu d’une Originale, ou inversement? Parce que certains n’aiment pas le noeud de base, et n’ont donc pas besoin de la longueur de l’Originale! D’autres préfèrent la polyvalence de l’Originale, ou se sentent plus à l’aise avec beaucoup de tissu (c’est mon cas)… La seule différence entre les deux, c’est leur longueur. A partir de là, chaque utilisateur fait son choix!

La Basic, en quelques mots parce que je ne la connais pas personnellement, est leur petite soeur : plus étroite, un peu moins longue, mais surtout d’un tissage moins dense, elle offre toutes les possibilités de nouage de ses grandes soeurs (notamment le noeud de base), mais est plus limitée dans son utilisation avec les grands bébés et les bambins : son tissu étant moins dense, il pourrait se déformer dangereusement avec des poids importants. Sa largeur étant moins importante, il sera également plus difficile de créer une assise optimale allant du creux des genoux jusqu’à la nuque chez les plus grands. C’est donc une écharpe que l’on réservera aux premiers mois de bébé, de la naissance à environ 12-18 mois selon le gabarit de l’enfant.

Et le noeud de base, alors, c’est bien joli mais on fait comment?

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(cliquez sur les images pour les voir en plus grand, l’interface du blog ne permet pas l’affichage direct des grands formats)

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J’ai choisi de mettre en valeur le coloris Bleu Paon/Marron Glacé que j’adore!

J’espère avoir fait le tour des questions que vous pourriez vous poser, si ce n’est pas le cas n’hésitez pas à me faire part de vos remarques et interrogations en commentaires, je me ferai un plaisir d’y répondre!

Infos pratiques : 

JPMBB
L’originale , 68,50€
La Courte , 49€
La Basic , 39,90€

Cet article n’est pas sponsorisé. Les images ne sont pas libres de droit, merci de me contacter si vous souhaitez les utiliser.

 

Edit o5 Septembre 2014 :
JPMBB m’ayant très gentiment autorisée à publier un extrait de la version plus travaillée de ce mode d’emploi que j’ai réalisée pour eux, voici l’installation d’un nouveau-né dans le noeud de base, que vous avez été nombreux à me demander!
Encore un immense merci à JPMBB pour ses écharpes et sa confiance 🙂
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Tous à poil!

Voilà, comme le font beaucoup d’illustrateurs, je participe à l’initiative de Martin Vidberg, « Tous à poil » !

Je ne vais pas vous faire le topo, je vous laisse jeter un oeil à sa démarche en lisant son article.

Et du coup, moi aussi je fais tomber la culotte!
(en speed parce que bien entendu, j’ai pris connaissance de ce projet… 15mn avant d’arrêter de bosser hier.)

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(comme d’hab, si vous voulez voir mon anatomie en plus grand, cliquez sur l’image!)

[Test] La Petite Echarpe Sans Noeud (JPMBB)

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Aujourd’hui, je vais enfin pouvoir vous parler de ce porte-bébé que j’aime tant, la PESN.
Sorti par JPMBB au début de l’été 2o13, ce porte-bébé de type sling (une seule couche de tissu maintenue par des anneaux, et portage asymétrique donc sur une seule épaule) est une sorte de révolution dans le monde du portage.
Nous l’avons testé dès sa sortie au grand public, et elle ne nous lâche plus : nous l’adorons, tant Progéniture que nous (oserai-je préciser que c’est grâce à la PESN que GrauLoup s’est enfin décidé à porter son rejeton, à 20 mois?).

Illustration réalisée pour JPMBB.

Illustration réalisée pour JPMBB.

Alors, qu’est-ce qui fait qu’elle est si spéciale, cette fameuse Petite Echarpe Sans Noeud?

Tout d’abord, sa matière est révolutionnaire.
A mi-chemin entre un tissu « tissé » et un tissu « tricoté » (pour rappel, « tissé » implique un tissu classique, « tricoté » est synonyme d’élasticité), ce sling est très légèrement extensible. Nous verrons par la suite que cela lui procure un confort extrême, et offre au porteur une liberté de mouvement incroyable.
Très douce, elle peut être difficile à maîtriser au début (j’ai dû mettre 10 utilisations au moins avant de trouver « le truc » pour ne pas que les anneaux se desserrent sous le poids de Progéniture qui était déjà lourd à l’époque) mais on oublie vite ce détail tant elle est agréable à porter.

Ensuite, vous l’aurez sans doute noté, la PESN est équipée d’un pad.
Le pad, c’est quoi? C’est un coussinet de protection qui vient se caler sur les anneaux pour plus de confort à la fois pour le porteur, qui n’a plus le contact des anneaux directement sur sa peau, et pour le porté, qui pourra poser sa tête ou sa main dessus avec davantage de confort.
Il est amovible, et absolument pas indispensable au fonctionnement de l’écharpe, mais pour ma part, c’est un très gros avantage (je suis d’une nature osseuse, et les anneaux qui appuient sur mes salières me font très mal, donc avec le pad, je n’ai plus de problèmes à porter en sling!).

Et puis, elle est réversible.
Alors oui, c’est un détail purement esthétique, mais c’est encore un petit plus à rajouter à la liste. Selon l’humeur, la tenue du porteur, hop, il suffit de la remonter dans un sens ou dans l’autre, et on a un « nouveau » porte-bébé d’une autre couleur. Deux pour le prix d’un, en somme!

pesn05Côté expérience utilisateur, ça donne quoi?

Il faut savoir que j’avais arrêté de porter Progéniture en sling, et plus généralement en asymétrique, lorsqu’il a dépassé les 11kg. Je ne tenais plus, j’avais mal à l’épaule, au dos, les anneaux me faisaient souffrir, bref, mon sling était rangé depuis longtemps lorsque la PESN est sortie au grand public.
J’ai tout de même voulu l’essayer (grand bien m’a pris!), car le pad et la souplesse du tissu me faisaient de l’oeil.

J’ai été bien inspirée, car effectivement, à ce jour, Progéniture pèse 15kg et je le porte encore (pour de courtes périodes, certes) en PESN.
Pourquoi ce changement?
Tout simplement, parce que ce tissu est magique. Il est souple, fin, très légèrement extensible, ce qui permet à l’épaule porteuse d’être enveloppée, et non simplement recouverte.
Le tissu suit les mouvements de l’épaule et du dos du porteur. Pour vous donner un exemple, ce que je détestais dans mon sling classique tissé était que je ne pouvais plus du tout me servir de mon épaule porteuse tant il était rigide (et lourd). Avec la PESN, je lève encore les deux bras sans aucun effort, j’ai gagné une souplesse d’action.
Ne serait-ce que pour cuisiner en portant, je passe Progéniture dans mon dos et je suis entièrement libre d’utiliser mes deux bras. Non, non, ce n’est pas négligeable!

Concernant la rapidité d’installation, la PESN ne diffère pas d’un sling classique tissé.
L’installation est toujours aussi facile, le serrage demande un peu plus de prise en main puisque le tissu a tendance à glisser.
Mon astuce : une fois le serrage bien fait, on torsade les extrémités du pan libre avant de les repasser dans les anneaux. Cela ne bouge plus!

Ce que j’apprécie aussi beaucoup chez la PESN est qu’il n’est pas nécessaire de la « monter » différemment selon si l’on veut porter en ventral, en hanche ou au dos.
En effet, la souplesse du tissu fait que l’on peut aisément « glisser » bébé dans la position de portage que l’on souhaite sans avoir à passer le tissu différemment dans les anneaux pour assurer un bon maintien.
Un avantage non négligeable lorsqu’on est novice et/ou pressé… Par exemple, toujours lorsque je cuisine (oui, à la maison je porte ma PESN comme un accessoire vestimentaire, et Progéniture y fait souvent des aller-retours lorsqu’il a besoin de contact mais que je suis occupée), je porte sur la hanche, et lorsque j’ai besoin d’éloigner un peu mon bébé de mon champ d’action (découper, l’éloigner d’éventuelles projections d’huile chaude…), hop, je le glisse dans mon dos. Puis, s’il commence à fatiguer, hop, je le replace contre mon ventre pour qu’il soit plus à l’aise pour s’endormir.
Ca, je n’ai jamais pu le faire avec un sling tissé.

Alors, convaincus?
Maintenant, passons aux choses concrètes :
(cliquez sur les images pour les voir en plus grand, l’interface du blog ne permet pas l’affichage direct des grands formats)
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Pour mon mode d’emploi, j’ai choisi d’utiliser le magnifique coloris Marron glacé/Bleu canard (que je possède également, en plus de mon adorée Noir/Anthracite).

J’espère avoir fait le tour des interrogations quant à ce porte-bébé que j’aime tant. Si ce n’est pas le cas, n’hésitez pas à me faire part de vos remarques et je complèterai l’article!

(on se quitte sur un papa porteur? ouiiii!)
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Infos pratiques :
La Petite Echarpe Sans Noeud, porte-bébé sling (69,50€)
Je Porte Mon Bébé

Cet article n’est pas sponsorisé.

Pourquoi porter mon enfant?

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Voici une question que l’on me pose énormément, depuis que je porte mon fils : « Mais pourquoi tu le portes? »

Au-delà de l’envie de répondre : « Qu’est-ce que ça peut te foutre? », je trouve qu’il serait intéressant de développer une réponse qui pourrait éclairer les futurs porteurs qui s’égareraient ici, et même peut-être ajouter quelques données aux déjà-porteurs quant aux bienfaits du portage.

Tout d’abord, très honnêtement, je trouve que le principal atout du portage est qu’il nous rend nos bras, à nous parents occupés.
Qui n’a jamais eu à tenir longtemps (voire très, très longtemps) son bébé dans ses bras parce qu’il le réclamait? Tout parent s’est un jour confronté à son enfant qui pleure pour avoir son câlin à un moment où il aurait bien aimé faire autre chose (préparer le repas, aller aux toilettes, redonner une forme acceptable à la maison… la liste est infinie).
Qu’on ne s’y trompe pas, Progéniture ne passe pas sa vie en porte-bébé, il est également souvent porté à bras.
Mais quel soulagement de pouvoir offrir cette proximité réclamée à son enfant tout en continuant notre activité!

Pour ma part, le portage a allégé mon quotidien. Progéniture a toujours été très demandeur de proximité, depuis sa naissance. Le transat, le tapis d’éveil, le parc, tout cela ne lui convenait pas, il lui fallait nos bras, et rien d’autre. Pas toujours évident de mener un semblant de train de vie normal dans ces conditions.
Le portage s’est donc avéré être une bonne alternative pour mener à bien certaines activités quotidiennes, telles que faire le ménage, la vaisselle, le repas.

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Echarpe de portage Ellevill Paisley, coloris Ink.

Porté, l’enfant participe à la vie quotidienne, plus activement que lorsqu’il est simple spectateur isolé.
Cela lui permet de découvrir les activités de ses parents, de s’y impliquer à son niveau même s’il ne touche pas aux objets. Il est au niveau du porteur, il vit à son rythme. Il commente les activités, il les intègre. Il observe à hauteur d’adulte, il a un autre point de vue que passif dans son transat.

Attention, je ne préconise pas de porter en permanence son enfant, il a besoin également d’être posé, pour des tas de raisons : intégrer la nécessité de séparation d’avec ses parents, développer sa motricité librement…
Mais le portage permet de lui offrir un autre point de vue, qu’il est intéressant d’intégrer à son quotidien.

 

Un autre point que j’ai envie d’aborder, est la réassurance qu’offre le portage à l’enfant, et même à son parent.
Porté, l’enfant est, par définition, tout contre son parent.
Je parle ici bien entendu de portage physiologique, où l’enfant est face à son porteur, et particulièrement de portage ventral ou hanche, lorsque les visages sont à portée d’yeux.
L’enfant est blotti contre la poitrine de son porteur, à portée de bisous et de chuchotements rassurants. S’il a besoin d’être rassuré, de se sentir enveloppé d’amour, c’est un excellent moyen de répondre à ses attentes, tout en lui assurant une position confortable (souvent davantage que lorsqu’il est porté à bras).

Si, si, c'est moi aussi qui ai fait ça!

Si, si, c’est moi aussi qui ai fait ça!

La position physiologique (dos arrondi, genoux remontés à hauteur de nombril, bras relativement serrés contre son corps) est, en soi, une position apaisante. L’enfant repose totalement détendu, sur sa base (ses fesses), sans aucune tension ou effort à fournir de sa part. Vous noterez que la position physiologique est d’ailleurs très proche de la position foetale adoptée naturellement par les nouveaux-nés. Coïncidence? Je ne crois pas!

Je n’invente rien, et je ne peux que constater les effets bénéfiques de cette position de par ma propre expérience : en porte-bébé, mon fils se calme et/ou s’endort en moyenne 10 fois plus vite que lorsqu’il est porté à bras. Faites donc l’expérience par vous-mêmes!

Le portage est particulièrement recommandé pour les nouveaux-nés : il permet d’assurer une continuité proximale entre le milieu utérin et le milieu extérieur. Il découvrira le monde petit à petit tout en étant au plus proche possible de ses parents.

Pour les endormissements difficiles, le portage est une excellente solution.
Non, l’enfant ne prendra pas de « mauvaises habitudes ». J’aborderai plus tard, dans un nouvel article, ce point précis qu’est la prise de mauvaises habitudes quant au portage, mais je dirai ici simplement que ce n’est pas le cas : porté ou non, l’enfant peut parfaitement s’endormir seul dans son lit! (ou pas, d’ailleurs)
Il est parfaitement possible de poser l’enfant une fois endormi, il suffit de dénouer doucement le porte-bébé (pour cela, je précise tout de même que c’est beaucoup plus facile avec une écharpe de portage ou un sling plutôt qu’avec un tube ou un préformé). Ou alors, on peut le garder tout contre soi et continuer nos activités : l’enfant s’est endormi à leur rythme, il ne se réveillera pas si l’on continue à bouger (j’aurai même tendance à conseiller de continuer plutôt que de s’arrêter, car c’est le changement de mouvements qui risquera de le perturber).
Pour ma part, j’endors très souvent Progéniture en écharpe. Que ce soit contre mon ventre lorsque j’ai décidé de le poser (eh oui, je ne peux pas toujours tout faire avec lui contre moi, par exemple si j’ai l’intention d’aller fumer une cigarette sur le balcon une fois qu’il sera endormi, je dois le poser d’abord!) ou dans mon dos lorsque je sens qu’il se réveillera si je le pose (en cas de reflux, de gros rhume… ou de sommeil léger, tout simplement), la sieste en écharpe fait partie de notre quotidien.

Une petite preuve en image, une photo que GrauLoup a pris lorsque Progéniture avait une grosse bronchite mais que je devais absolument travailler (pour l’anecdote, je travaillais sur un projet pour JPMBB, en écharpe JPMBB longue noire et assise sur une JPMB-Ball!) :

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Et même pour les siestes d’appoint, le portage est idéal! Un repas de famille, une sortie qui se prolonge… Porté, l’enfant se laissera sombrer dans le sommeil lorsqu’il en ressentira le besoin, sans avoir à chercher un endroit ou une position pour s’installer.

Enfin, le portage, c’est pratique!
Personnellement, je vis en appartement sans ascenseur. Et j’apprécie énormément de ne pas avoir à porter mes 15kg de Progéniture à bras lorsque je remonte chez moi.

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Papa GrauLoup porte aussi! Ici en Petite Echarpe Sans Noeud de JPMBB noir/anthracite.

Nous allons chez la nounou en porte-bébé, nous sommes proches l’un de l’autre sans avoir à gérer la poussette à déplier/replier/garer, nous n’avons pas de problèmes pour passer sur les trottoirs lorsque nos voisins sont garés dessus. L’encombrement est minime : il suffit de s’habituer à la « protubérance » que nous crée l’enfant porté (un peu comme pendant la grossesse, mesdames!).
Nous n’avons pas peur d’aller faire les courses avec Progéniture qui reste, du coup, porté contre nous, nous nous offrons même parfois le luxe d’aller dans des lieux hautement fréquentés (un exemple récent : nous avons été à la Convention du Tatouage, et nous n’avons eu aucun problème pour nous faufiler dans la foule tout en faisant attention à ce que personne ne cogne notre fils).
Lorsque nous nous déplaçons en voiture, le coffre n’est pas à moitié condamné par la présence de la poussette, le porte-bébé tient dans mon sac à main (d’accord, j’ai un grand sac à main, mais quand même!).

Je voudrais terminer en abordant la question du portage lorsque l’enfant a acquis la marche, car on me demande également souvent pourquoi je continue à le porter.
A l’inverse, pourquoi ne continuerai-je pas?
Il a toujours autant besoin de câlins lorsque je ne suis pas entièrement disponible, il a toujours besoin parfois de s’endormir contre moi. Il est encore petit, il a encore souvent besoin d’être porté (ou poussé, si j’utilisais une poussette) pour les longs trajets (je reprends l’exemple de ma nounou : pour y aller, nous avons 10 minutes de marche -adulte- habituellement, 20 actuellement car notre nounou est « en panne » et que nous en avons une autre temporairement : je n’envisage pas de le « contraindre » à marcher si longtemps, d’autant qu’il est du genre à aller où il le décidera sans suivre mes instructions).
La question ne se pose pas lorsque l’enfant est en poussette, mais les raisons sont les mêmes lorsqu’il s’agit des déplacements!

Oui, certes, il est lourd. Et alors? C’est mon dos, et contrairement aux idées reçues, son poids n’est pas spécialement handicapant, il est correctement réparti sur mon dos et mes épaules, et je n’ai pas spécialement de douleurs ou de fatigue lorsque je le porte, même avec son gabarit (pour info : 22 mois, 15kg et environ 90cm, Progéniture est un digne descendant des Vikings).

Je continuerai à le porter tant qu’il le demandera.
Le portage fait partie de notre quotidien, Progéniture le réclame souvent, pourquoi l’en priverai-je?

Le portage permet de répondre à plusieurs besoins, particulièrement celui de proximité et celui de mobilité.
Porter son enfant, c’est lui offrir la possibilité de répondre à ses attentes tout en étant au plus proche de lui, et de pouvoir continuer à mener à bien certaines activités.
C’est pour moi un atout essentiel dans ma manche de mère, et, je pense, dans la vie de mon enfant et dans notre relation.

A une époque, je mangeais de la viande.

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Tout a débuté lorsque j’avais 15 ou 16 ans.

Je vivais alors chez mes parents, près de chez ma tante, qui élevait des poules. Vous vous doutez certainement de ce qu’il s’est passé : un beau (non) jour, mes parents ont décidé de  se faire un petit gueuleton volailler « à l’ancienne ».
Déjà pas très chaude à l’idée de manger ces bêtes que j’aimais bien, que j’avais photographié (oui, vous pouvez vous moquer, mais c’était le début de ma période photographique), j’avais décidé de me mettre des oeillères et d’imaginer que ce n’étaient pas celles que j’avais connu. Cela rendait la situation un peu moins horrible à mes yeux.
Sauf que j’ai été forcée (enfin comprenez-moi : j’ai toujours eu une crainte viscérale de déplaire à mes parents, et lorsqu’ils ont insisté devant mon refus, j’ai fini par céder) à plumer ces volatiles, après avoir assisté à l’attrapage et à l’égorgement.
Sans entrer davantage dans les détails, cela ne s’est pas passé comme prévu, et j’ai eu une réelle prise de conscience de mes actes. Je dépeçais un animal.

Ecoeurée, j’ai voulu devenir végétarienne à cet instant précis.
Mais voilà, je suis issue d’une famille où non, on ne devient pas végétarien comme cela, madame. Que nenni, baste de ces raisonnements néo-hippies comme quoi l’on peut vivre sans manger d’animaux, ils sont là pour cela, et puis on ne va pas en plus devoir faire deux types de repas pour Mademoiselle Qui-Refuse-La-Viande. Ma tentative a duré presque deux semaines avant que je remette mes oeillères et recommence à être omnivore.

Quelques mois plus tard, bac en poche, je vivais seule. Libre donc à moi de tout simplement ne pas acheter de viande, et de renouer avec mes idéaux. J’étais en couple avec un carnivore (oui, là, il était difficile de parler d’omnivore tant il aimait la viande), mais, même s’il se moquait de moi, il respectait mes choix.
Mais la pression de la belle-famille a, une fois de plus, eu raison de mon végétarisme. J’étais jeune, mes appuis étaient faibles, je voulais leur plaire coûte que coûte.
J’ai cédé, et suis redevenue omnivore.

Les années ont passé. Je ne me posais plus la question, je n’étais plus tellement tiraillée entre mes idées et mes actes, je refoulais cette partie de moi qui était scandalisée à l’idée de tuer un animal pour le manger, bien que parfois, mon côté défenseur de la cause animale refasse surface.
Je voulais m’engager auprès de la SPA, des associations anti-corridas, militer contre le port de la fourrure, mais au vu de mes habitudes alimentaires, je me sentais hypocrite.
Je travaillais dans la restauration rapide, et la vue des viandes crues que je préparais me dégoûtait, j’étais en colère contre moi-même tout en me disant que « je n’avais pas le choix, il fallait que je travaille pour payer mes études ».

Des années se sont écoulées ainsi. Perdue entre mon désir de ne pas faire souffrir d’animaux, ne pas les tuer, et mes habitudes alimentaires qui s’accrochaient comme l’odeur de la viande crue à mes vêtements.
Après tout, j’avais vécu plus de vingt ans avec le schéma des repas viande+accompagnement. Un repas sans viande n’était pas complet, chaleureux, convivial. Un repas sans viande était bon pour les régimes, ce ne pouvait être autre chose qu’un repas fade, des légumes à la vapeur sans goût et humides. Il m’arrivait d’en faire, mais cela ne pouvait pas, et ne devait pas, devenir une habitude.
Et puis comme  beaucoup d’enfants (oui, je considère que j’ai été une enfant et une adolescente très tard, j’ai encore parfois du mal à me considérer comme une adulte), je n’aimais pas les légumes. Je n’allais pas chercher plus loin que cela.

***

Il y a un peu plus d’un an, j’ai arrêté de manger de la viande (et du poisson, car, qu’on se le dise, le poisson est bel et bien de la chair animale).
D’un coup, comme cela, du jour au lendemain.

Pourquoi?
Parce que je n’y arrivais plus.
Je me suis un jour retrouvée face à mon steak haché, dubitative. Je l’ai coupé, enfourné dans ma bouche, mais je n’ai pas pu l’avaler. Des larmes me sont montées à la gorge, j’imagine que c’était la prise de conscience qui avait fait son grand retour. J’ai recraché, bu trois ou quatre verres d’eau d’affilée, sous le regard intrigué du GrauLoup.
A partir de cet instant, je n’ai plus mangé de viande, et n’ai plus jamais retrouvé cette sensation.

J’étais comme apaisée.
J’osais enfin dire que je trouvais le port de la fourrure horrible, les conditions d’élevage des animaux atroces, je n’avais plus cette boule au ventre au moment de passer à table, je souriais intérieurement lorsque je faisais mes courses et que je passais devant le rayon boucherie sans y avancer.
A cette époque-là, j’ai enfin réussi à affirmer ma prise de position auprès de ma famille et de ma belle-famille (qui a été vraiment géniale, pour des tas de choses mais pour cela particulièrement). Des tas de raisons ont fait que cela a été possible, j’avais mûri, mes rapports avec mes parents s’étaient apaisés, c’était ma troisième « tentative », j’étais sûre de moi et bien plus stable dans mes positions. J’arrivais avec mon discours que je tiens encore aujourd’hui : « je ne mangerai pas de viande, mais je ne serai pas plus exigeante pour autant : je me contenterai parfaitement de l’accompagnement que vous aurez choisi ».
C’est passé tout seul.

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Oh, je ne vais pas vous mentir, cela a été un véritable casse-tête de trouver comment cuisiner sans le schéma que j’avais toujours connu de la viande+accompagnement, d’autant que mon goût pour les légumes n’était pas des plus développés.
Je me suis d’abord forcée à cuisiner mes légumes comme je savais déjà le faire, mon trio courgettes-poivrons-carottes (alors que je détestais les carottes cuites! mais il fallait bien varier un peu) à la poêle s’est petit à petit accompagné de céréales diverses et variées, au fur et à mesure de mes recherches sur le net et de mes tentatives d’expérimentations culinaires.
Et puis j’ai découvert les crèmes végétales, d’autres légumes, et les protéines de soja et autres « fausses viandes » pour tricher un peu de temps en temps et refaire mes recettes carnées façon végétariennes.
Il y a eu des échecs, j’ai encore en mémoire le goût amer et âpre de ma tentative de navets blancs à la poêle, mi-crus mi-brûlés, qui n’ont jamais repassé le seuil de ma porte.
J’ai redécouvert les différentes cuissons, les épices et arrangements, et jour après jour, même si je suis loin d’être une grande cuisinière, j’ai réussi à réaliser des repas variés et savoureux très mangeables.

Petit à petit j’ai même supprimé totalement les oeufs de ma cuisine (j’en consomme encore lorsqu’ils sont inclus dans les préparations que j’achète toutes prêtes comme les biscuits, mais jamais lorsqu’ils prennent une place importante dans la composition des aliments), ainsi que le beurre et la crème.
Je me suis remise à la pâtisserie, et réalise maintenant de délicieux gâteaux végétaux (en très grande partie grâce à AntigoneXXI et particulièrement son article sur Comment remplacer les oeufs, je ne la remercierai jamais assez pour cela). D’ailleurs, un gâteau au yaourt sans lait ni oeufs est en train de lever dans mon four!
Je ne consomme que rarement des produits laitiers, uniquement sous forme de fromage. Eh oui, les habitudes ont la vie dure, et j’ai beau culpabiliser à chaque fois que j’en mange, j’ai du mal à m’en défaire totalement. Je me dis que, comme pour le reste, cela viendra sans doute un jour, en attendant, je limite un maximum.

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Qu’en est-il de mes hommes, me demanderez-vous (ou pas, mais j’espère quand même que vous lirez ce paragraphe)?
Eh bien ils sont presque végétariens, eux aussi.
Je ne cuisine plus du tout de viande depuis un an (au début, je leur faisais cuire un steak, une escalope… pour accompagner le plat végétal, mais plus maintenant). Donc, il est très rare qu’ils en mangent à la maison, puisque c’est essentiellement moi qui cuisine (non, ce n’est pas une question de machisme) ! Bien sûr de temps en temps le GrauLoup achète du jambon, du saucisson, des steaks hachés. Je cuisine mon plat, il se fait cuire sa viande, et voilà.
Progéniture mange de la viande, des oeufs, du lait. Pas que cela me plaise outre mesure, ou que j’estime qu’une alimentation végétale serait mauvaise pour lui (bien au contraire), mais je pense qu’il est important qu’il fasse le choix de manger végétar/l/ien de lui-même, sans que je ne lui impose. A la maison, il mange végétal. Chez sa nounou, il mange de la viande ou du poisson tous les jours ou presque,  au restaurant également (il faut dire que je n’ai pas encore trouvé de menu enfant végétarien), et si son père a acheté de la viande pour les repas à la maison, il lui en lâche un peu.
S’il ne veut pas manger sa viande ou son poisson, je ne vais pas le forcer, vous pensez bien, mais je tiens à ce que cela reste un choix pour lui.

Il est donc tout à fait possible d’être végétarien en couple lorsque sa moitié ne l’est pas. A condition bien sûr d’être un minimum tolérants!

***

Depuis que je suis végétarienne, j’ai perçu un énorme changement au niveau de ma santé.
Sans aller jusqu’à dire que je suis devenue une super-louve-over-vitaminée, je tombe malade moins souvent, je digère bien mieux, je suis moins ballonnée. Ma peau est plus saine, de même que mes cheveux et mes ongles.
J’ai perdu beaucoup de poids, tout en étant plus en forme que jamais. Attention, je ne suis pas en train de dire qu’être végétarien permet de perdre du poids, c’est un simple constat de ma propre expérience : l’absence de produits animaux dans mon alimentation a réduit considérablement mon apport en graisses superflues, et mon corps assimile mieux ce que j’avale, sans stocker outre mesure.

Surtout, je ne culpabilise plus quant à mes principes : je mange des choses « inertes ».
Et depuis, je suis bien plus sereine !

Nous vivons à une époque et dans une société où les alternatives végétales sont facilement accessibles. Il est très aisé de manger varié et savoureux sans impliquer la présence de produits animaux dans notre alimentation, cela m’a énormément aidée dans ma démarche.
Alors j’ai décidé de profiter du progrès alimentaire afin d’apaiser ma conscience!

***

J’espère que vous n’aurez pas vu cet article comme étant de la propagande végétarienne, ce n’était pas le but.
J’ai simplement voulu vous faire partager mon cheminement vers ce choix alimentaire, sans essayer de vous convaincre de quoi que ce soit (autrement, mon argumentaire aurait été bien faible…).

Cela vous intéresserait-il que je publie de temps en temps des recettes végétar/l/iennes?

Je vous laisse sur mon ressenti général :

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Le portage face au monde : pourquoi il faut l’éviter.

Aujourd’hui, je vais aborder un des principes fondamentaux du portage, malheureusement encore trop méconnu à mon goût :
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Alors oui, on va me dire, « mais de grandes marques, mondialement connues et largement distribuées, font des portes-bébé pour porter face au monde! Ils doivent savoir ce qu’ils font, tout de même! ».
Ben oui, mais non.
Quand je vais au supermarché, je trouve des strings taille 8 ans. Est-ce que, pour autant, c’est une bonne chose? A vous de voir.

Bref, revenons au portage.

Je précise avant de commencer mon laïus, que je ne suis pas monitrice de portage. Je ne suis pas formée « officiellement », je ne dispense pas d’ateliers.
Je suis simplement une mère, une porteuse, une accro du portage même. Je me suis amplement renseignée, j’ai travaillé avec une monitrice de portage, pour une marque de porte-bébés… Je sais de quoi je parle, quoi!

 

J’aimerai aborder plusieurs points :
– Le côté « position ».
– Le côté « stimulation ».
– Les alternatives au portage face au monde.

Tout d’abord, abordons la position de l’enfant à proprement parler.

Vous avez tous vu des porte-bébés « face au monde ». Ils impliquent tous (ou, allez, la grande majorité) une position raide de l’enfant, jambes tendues, suspendu par l’entrejambe.
Il repose sur ses parties génitales (même enveloppées d’une couche, personnellement je ne pense pas que ce soit d’un confort extrême), légèrement penché en avant, le dos reposant à peine sur l’abdomen de son porteur.  Le ventre tendu, les bras en étoile, les jambes ballottantes, la tête pas du tout soutenue.
Imaginez-vous deux secondes dans cette position.
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Nous sommes d’accord, on a connu mieux.

Bien entendu, la position est la même lorsqu’on tourne le bébé face à soi, dans ce type de porte-bébé, mais là n’est pas le sujet.
Face au monde, à moins de lui mettre les jambes repliées « en lotus » (comme vous pouvez le voir chez Je Porte Mon Bébé , qui met cependant en garde quant à l’utilisation prolongée et à l’extérieur de cette position), l’enfant sera toujours tel que je l’ai décrit ci-dessus. Même « en lotus », la tête de l’enfant sera libre de tous mouvements (surtout involontaires), son dos sera droit.

Ensuite, parlons de la stimulation de l’enfant.

Lorsqu’on en vient à porter son bébé face au monde, c’est souvent parce que l’on souhaite l’intégrer dans notre quotidien, lui faire voir ce que nous, parent, nous voyons. Lui faire vivre nos expériences avec nos yeux, en quelque sorte.
Mais posons-nous un instant et réfléchissons à cela.

Nous, adultes, avons derrière nous des années d’expérimentation de la vie. Cela peut paraître absurdement logique, mais vous allez voir où je veux en venir.
Quand nous sortons dans la rue chercher notre baguette de pain, nous n’analysons absolument pas tout ce qui nous entoure. On va chercher notre pain. Notre regard sera peut-être attiré par les aboiements d’un chien dérangé par notre présence, on suivra peut-être du coin de l’oeil un chat qui traverse la rue. On saluera d’un geste de la main notre voisine qui balaie ses feuilles mortes, on ne fera même pas attention à la voiture qui passe.
L’enfant, lui, sera submergé de stimuli. La lumière, vive et omniprésente, les odeurs, les bruits. Les aboiements du chien ne seront pas forcément perçus comme tels, mais comme une explosion sonore soudaine. La voisine, une étrangère à son milieu habituel. Le chat, une entité qui bouge très très vite, un stimulus qui disparaît aussi vite qu’il est apparu, laissant simplement une trace dans l’esprit de l’enfant qui ne pourra pas l’analyser plus longuement. Les feuilles mortes balayées, un crissement répété, peu familier, inquiétant. La voiture qui passe, un bruit qui devient de plus en plus fort, un objet énorme et brillant qui disparaîtra inexorablement du champ de vision de l’enfant.

L’enfant, le bébé, ne voit pas ce que nous voyons. Il n’a pas cette capacité d’analyser la situation, de la reconnaître, de sélectionner ses points d’attention. Il est submergé d’informations, sonores, olfactives et visuelles. Sans compter que, parfois, partout dans le monde, il pleut, il y a du vent. Autant de choses que l’enfant ressentira à la même intensité que le reste.

Voilà où je veux en venir :
Face au monde, l’enfant subira tous ces stimuli. S’il est effrayé, fatigué, inquiet, lassé, il n’aura aucun moyen de repli. Il devra continuer à subir cette stimulation intense de tous ses sens, sans pouvoir y changer quoi que ce soit. S’il est fatigué, il ne pourra pas se couper progressivement de cette stimulation, faire abstraction de tout cela. Il ne verra pas le visage de son porteur.
Face à son porteur, l’enfant pourra se blottir contre lui s’il en ressent le besoin. Une frayeur, il se cramponnera au porteur, pourra tourner son visage de manière à ne plus voir ce qui aura provoqué cette peur mais plutôt se réfugier vers une vision familière, rassurante, qu’est son porteur. Fatigué, lassé de tous ces stimuli, il aura le choix et la possibilité de se « couper du monde » en enfouissant son visage contre son porteur. Il pourra alors faire abstraction de son environnement (dans la mesure du possible, un bruit fort et soudain le tirera très certainement de ses rêveries), s’endormir plus paisiblement. Il pourra voir son porteur, voir son visage, son regard lorsqu’il aura besoin d’être rassuré.

Alors que faire, lorsqu’on veut faire participer l’enfant aux activités quotidiennes, plus activement que porté face à face avec son porteur?

Le portage ventre-à-ventre n’est pas le seul mode de portage!

Porté sur la hanche, l’enfant est à mi-chemin entre la sécurité enveloppante du ventre-à-ventre, et l’indépendance et l’ouverture du champ de vision qu’apporte le portage dorsal.
Il sera enveloppé d’un bras du porteur, tout en ayant plus de marge d’action et en partageant en partie le champ de vision de son porteur.
L’inconvénient du portage hanche, est qu’il implique un soutien asymétrique sur le porteur : une seule épaule soutiendra le poids du bébé. Cela peut s’avérer inconfortable pour le porteur selon le poids de l’enfant et la durée de portage. Cela dit, chaque duo porté-porteur aura son ressenti, comme pour tous les moyens de portage : personnellement j’ai commencé à limiter la durée du portage hanche lorsque mon fils a dépassé les 14kg (vers 18-20 mois).

Porté sur le dos, l’enfant aura approximativement le même champ de vision que son porteur (moins la partie « basse », à cause des épaules du porteur!). Il pourra toujours se blottir contre son porteur s’il en ressent le besoin, tout en partageant la vision de l’adulte.
De plus, d’un point de vue purement pratique pour le porteur, ce mode de portage libère totalement les bras et le champ d’action. Le porteur peut ainsi faire des activités (bon, pas un footing ni de la métallurgie non plus hein, soyons responsables) tout en ayant l’enfant dans le dos, libre de choisir d’observer l’adulte et son environnement ou de « s’enfermer » dans sa bulle, voire même de dormir confortablement installé contre son porteur et bercé par les activités de celui-ci.

Enfin, voici un petit point sur comment, nous, on fait pour éviter le portage face au monde.
A 22 mois passés, nous aimons toujours autant le portage ventral. Essentiellement pour les câlins, pour l’endormissement (oui, Progéniture a encore beaucoup de mal à s’endormir seul, et non, ce n’est pas lié au portage, il a des phases où il ne veut tout simplement pas dormir, et d’autres où il réclame son lit).
Cependant, c’est un grand gaillard, très curieux. Le portage ventral ne se fait donc qu’à la maison, ou pour les promenades pré-siestes.

Le portage hanche est devenu de l’appoint (rapport à son poids et la résistance de mes épaules). Une Progéniture collante, qui veut absolument voir ce qu’on fait, être dans les bras, et on dégaine le sling ou le tube. C’est également le mode de portage préféré du GrauLoup, parce que c’est facile et toujours plus confortable que de porter 15kg à bras.

Et pour les promenades, les trajets pour aller et revenir de chez la nounou, les petites courses dans le quartier, les séances cuisine ou pliage de linge… C’est portage dorsal! En écharpe, mei-tai ou préformé, Progéniture est à notre hauteur et peut participer à nos activités, et même nous faire des câlins avec ses petites mains potelées.

Voilà, j’espère avoir pu vous éclairer, apporter un autre point de vue sur la question.
Si vous avez des interrogations, des remarques, n’hésitez pas, la boîte à commentaire vous est ouverte!