Levons la main contre la violence « éducative ».

Bonjour à tous!
Je vais aujourd’hui faire une parenthèse dans mon roman « Je suis végétalienne et je kiffe ça » pour vous parler de quelque chose qui me touche au moins tout autant que  la protection animale : l’éducation non-violente.

L’année dernière, à l’occasion de la Journée Mondiale de la Non-Violence Educative (le 30 Avril, donc demain, cette année encore), j’avais fait ce visuel :
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Cette année, je vais tenter de rédiger un vrai billet, car bien que je sois davantage portée sur le visuel (hého, je suis illustratrice, pas rédactrice!),  lorsqu’on a des enfants, et d’autant plus lorsqu’on  pratique l’éducation non-violente au quotidien,  on sait bien à quel point les mots ont leur importance.

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Je ne vais pas vous sortir de chiffres horribles vous rappelant combien d’enfants meurent chaque année, chaque jour, sous les coups (de leurs parents, mais aussi malheureusement parfois de leurs enseignants, frères et soeurs, et autres « entourants »).
Mais oui, il existe des alternatives à la fessée, et non, il n’y a pas de « petite fessée ». Ce n’est pas parce qu’elle ne laissera pas de trace physique qu’elle n’aura pas le même impact qu’une autre.

Et la menace de la fessée, de la claque, du martinet, ou autres divagations intimidantes, c’est aussi de la violence. (personnellement, je n’ai pas souvenir d’avoir reçu un quelconque coup de la part de mes parents, par contre je me rappelle très bien cette peur constante de la sentence physique qui m’accompagnait quoi que je fasse, quoi que je pense : c’était la peur de mes parents, surtout de mon père, qui me faisait obéir, plus que la compréhension, bien que je ne pense jamais avoir été frappée).
Tirer l’enfant par le bras, parfois jusqu’à le faire tomber, lui tirer les cheveux, « la petite tape » sur la main, tirer l’oreille… (liste non exhaustive), c’est aussi de la violence.

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L’an dernier, à court de temps et « d’assise » artistique, je n’ai pas évoqué dans ma contribution la violence verbale (et psychologique, par conséquence).
Pourtant, elle est plus fréquente et parfois -souvent- plus destructrice que la violence physique. Outre les hurlements, les engueulades, elle s’insinue, souvent même sans qu’on en ait conscience, par des critiques, des mots qui semblent anodins pour des adultes mais qui ont un réel impact néfaste sur l’enfant, qui comprendra uniquement le mot et non l’ironie ou le ton employé.
« T’es moche quand tu pleures », ça peut marquer un enfant. A vie. Je peux vous l’assurer, de par mon expérience personnelle. 

 

Des alternatives, il y en a des tas.

Oh, bien sûr, je ne vais pas vous mentir : combien de fois, face à une crise de Progéniture, j’ai eu envie de reproduire mon propre modèle éducatif et de lever la main, « lui en coller une bonne », le menacer? Pour avoir une « solution » immédiate, et avoir la paix pendant au moins 10 secondes (le temps que le choc s’estompe et qu’arrivent les pleurs ou le redoublement du comportement problématique)?
Cela brise sans doute l’image parfaite que l’on véhicule lorsqu’on ose dire qu’on est contre toute forme de violence éducative, et alors? Je suis bourrée de défauts, mais j’essaie de les maîtriser. Parce que ce n’est pas de moi, qu’il s’agit, mais de mon fils.
Je ne veux pas risquer de détruire sa sécurité intérieure, son estime de lui.
Je ne veux pas qu’il ait peur de moi, ou que face à une situation « interdite », il  se dise  « je ne dois pas le faire parce que j’ai peur de me faire gronder/taper/humilier », au lieu de « je ne dois pas le faire parce que je connais les raisons de cette interdiction (c’est dangereux, non-conforme aux ‘normes sociales’…) ».

Les interdictions, je les explique, systématiquement, jusqu’à ce qu’il comprenne et que je n’aie plus besoin d’intervenir. Alors oui, c’est souvent long. Mais un enfant n’a pas à être livré à lui-même. S’il doit expérimenter « seul » les choses, il doit cependant toujours être accompagné, même par un simple regard un peu loin. Parce que c’est à nous, parents, de lui apprendre comment fonctionnent les choses, les règles, lorsqu’il ne peut le comprendre seul.
Il ne s’agit pas de le surprotéger ou de le couver, mais de l’aider lorsqu’il se trouve en difficulté, de l’aiguiller vers la compréhension, même si c’est long, même si on doit répéter cent fois la même chose.

Nous, parents, sommes-nous nés avec la connaissance innée des interdictions et des normes sociales? Non, nous l’avons acquise. Certains avec la fessée, d’autres non, mais c’est un apprentissage. Qui se souvient du temps que cela a pris? Cela peut nous paraître une éternité, de notre point de vue d’adulte qui aimerait éviter les situations dangereuses ou gênantes. Mais pour l’enfant, cela doit se faire à son rythme afin qu’il l’intègre naturellement.

Bien sûr, nous ne vivons pas dans un monde tout rose, sans la moindre violence.
Progéniture est confronté quotidiennement, à l’extérieur, à tout cela. Au sein même de la famille (hors notre petit monde à nous trois), à la crèche, au parc, dans ses livres (oui, parfois certains échappent à mon contrôle préalable).
Je ne vais pas vous mentir, encore une fois, je ne sais pas vraiment comment me positionner face à cela. Oui, cela lui montre « la réalité », qu’effectivement, si à la maison il vit dans un environnement non-violent, ce n’est pas forcément le cas ailleurs, et que dès qu’il sera plus souvent à l’extérieur qu’à la maison (coucou l’école, on se voit en Septembre). Mais est-ce pour autant une bonne chose, que de banaliser la violence « éducative »?
Voir ses cousins, ses copains (voire lui-même, à la crèche) se faire punir, recevoir une fessée, sans la moindre explication, c’est d’autant plus difficile pour lui qu’il ne comprend pas pourquoi certains adultes font cela, et pas nous, ses parents (ou que, dans le cadre de la famille, tous les adultes le font, mais pas sur lui, parce qu’on l’a clairement interdit, et qu’ils n’appliquent cette interdiction qu’à Progéniture). Cela remet même parfois en question notre légitimité en tant que « figures d’autorité » (si on ne le tape/punit pas, c’est que ce n’est pas si interdit, non?), et, franchement, c’est dur à encaisser.
Alors on lui explique, mais c’est délicat, hasardeux, et je vois bien qu’il ne comprend toujours pas, malgré tous les efforts qu’on peut faire pour tenter de lui expliquer ce que l’on trouve inacceptable.

J’espère simplement que grâce à la diffusion de plus en plus importante de brochures de sensibilisation à des méthodes d’éducation « alternatives », grâce à l’impact non négligeable des réseaux sociaux et d’Internet en général, aux journées de sensibilisation et autres, le monde prendra rapidement conscience de l’importance de ne pas apprendre aux enfants que la violence est la solution pour se faire entendre.
Car non, ce n’est pas une solution pour se faire entendre : c’est une manière d’opposer un rapport de force à une écoute et au dialogue. (n’extrapolez pas mes propos : je ne suis absolument pas en train de dire que le terrorisme, la guerre et la délinquance sont uniquement liés à une éducation ‘traditionnelle’ -fuck la tradition, en l’occurence)

On voit souvent cette phrase (la source originale me manque, si quelqu’un l’a dans ses tiroirs… 😉 ) : « pourquoi appelle-t-on ‘violence’ le fait de frapper un adulte, et ‘éducation’ le fait de frapper un enfant? ».
Cela résume assez bien mon point de vue sur la légitimité de ces pratiques.

*** Ne vous privez pas pour partager les illustrations, elles sont là pour ça (par contre, soyez sympas, ne les modifiez pas, et n’enlevez pas ma signature, comme j’ai pu le voir trop souvent sur ce que je publie ici). ***

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Une végétalienne au pays du jambon.

Me revoilà, avec la suite de mes fantastiques aventures à la montagne!

Aujourd’hui, je vais vous parler de mon récent végétalisme.

J'ai tellement la classe.

J’ai tellement la classe.

Donc, comme je vous disais dans le billet précédent, je suis à présent végétalienne.
Je l’étais déjà quasiment avant le déménagement, puis j’ai cédé à la facilité de la pizza surgelée et autres sandwichs-mayo pendant le-dit déménagement, consommant à nouveau pas mal de laitages… Ce que j’ai vite regretté.

La consommation de produits laitiers animaux après des mois d’abstinence a provoqué un léger (lol?) chaos dans mon corps : troubles digestifs, maux de tête, poussée fulgurante d’acné… Ce n’est qu’une fois avoir recommencé à consommer des produits laitiers que j’ai réalisé que ces soucis avaient disparu durant les semaines où j’avais mangé végétalien : la cause était donc identifiée.
Déjà, dans ma tête, je n’étais pas franchement en accord avec mon alimentation, mais en plus, mon corps non plus (je ne nierai pas que tout est lié!).
(je ne suis pas en train de dire que c’est obligatoirement le cas pour tout le monde, simplement que ça l’a été pour moi)

Donc, j’ai pris la décision d’arrêter, à nouveau, le lait animal.
Et honnêtement, ce fut plus difficile que je ne l’aurai pensé.
Plus que pour la viande, en fait.

Il faut dire que déjà, la tentation était grande.
Mes hommes étant tous deux omnivores, si j’arrive à peu près à limiter la présence de viande dans le frigo (de toute façon, la tentation ne se trouve pas de ce côté), il y a toujours un bout de fromage qui attendra un moment de faiblesse pour me rappeler à quel point j’aime ça.
Il serait si facile de simplement faire réchauffer une pizza, ce soir, surtout qu’allez, il y en a une végétarienne à la supérette du bout de la rue!
Ou de noyer les pâtes sous une montagne de gruyère râpé (un de mes plats préférés, je suis une fille simple). Ou de se faire une bonne grosse raclette qui réchauffe quand on passe 3 semaines sous 20cm de neige.

Mais cette fois-ci, j’ai tenu.
Mes principes, mes convictions n’avaient pas suffi jusque-là à me faire tenir bon (imaginez-moi, culpabilisant dès que je cédais au fromage… j’avais continuellement envie de me mettre des claques), mais cette fois, mon corps donnait un coup de main à ma motivation.

Pour les oeufs, ce fut plus facile.
Déjà, parce que je n’étais pas super fan des oeufs. Oui, ça aide.
Et qu’à force de ne plus en manger, les rares fois où j’ai consommé des préparations qui en contenaient, j’ai immédiatement senti ce « p’tit goût d’oeuf », auquel je ne faisais pas attention avant tellement j’y étais habituée, et j’ai détesté ça.
Une fois qu’on élimine de la routine alimentaire les produits qui contiennent du lait, généralement, on élimine du même coup ceux qui contiennent des oeufs (le « joli duo » de la pâtisserie, industrielle ou non).
Mais surtout, quand j’ai voulu apprendre à cuisiner sans oeufs (surtout la pâtisserie, donc, le seul type de cuisine que je savais faire), encore une fois, Antigone XXI a été d’une aide sans pareille, notamment avec son article sur comment remplacer les oeufs (bah oui).
***
(bon, allez, c’est l’occasion de le dire, c’est grâce à Antigone que j’ai pris conscience de beaucoup de choses sur tout ce qui concerne les animaux, les mensonges auxquels j’ai cru toute ma jeunesse, et que devenir végane était, finalement, vachement accessible, à n’importe qui. Et puis zut quoi, je la suis depuis ses débuts, et c’est vraiment une fille géniale, son blog est riche, beau, ses recettes sont vraiment super, je n’arrête pas de la recommander à tous ceux qui s’intéressent au véganisme, alors voilà, Ophélie, si tu ne le savais pas encore, je te kiffe, et vous, si vous ne connaissez pas son blog, cliquez vite sur les liens au-dessus, c’est un ordre)
***

Voilà voilà.
Ca fait donc plus ou moins 5 mois que je suis végétalienne, totalement.
Et non seulement je me sens un peu mieux vis à vis de moi-même (ce qui, me direz-vous, est le plus important, non?), mais d’un point de vue « santé », j’ai l’impression d’être une autre personne.
C’est difficile à décrire (bon, j’ai arrêté de fumer il y a un mois aussi, ça doit jouer), mais je me sens plus clean, légère (qu’on ne me parle pas de perte de poids : oui, j’ai perdu énormément de poids depuis que je suis végétarienne, puis végétalienne, mais je ne peux l’attribuer à rien, tant j’ai effectué de changements dans ma vie, à tous points de vue, même si à mon avis l’absence de graisses animales dans mon alimentation a beaucoup joué), presque « plus pure ».
Et je suis très loin de me priver, croyez-moi… Je devrais même faire attention, de temps en temps (genre quand j’engloutis la boîte entière de dattes en moins de 30mn pendant que je suis absorbée par mon boulot -oups!).

Je ne me dirai pas encore « végane » (encore que c’est plus rapide à écrire 😀 ), parce que si je n’achète plus de produits de provenance animale, je n’ai pas non plus jeté/donné/vendu mes vêtements en laine et chaussures en cuir, mes foulards en soie ramenés du bout du monde par mon entourage voyageur.
Le peu de vêtements et cosmétiques que j’achète ces dernières années est vegan (donc sans provenance ni tests animaux), mais je ne me suis pas débarrassée de mon habillement encore utilisable.

Dans les prochains billets, je vous parlerai encore de végétalisme, avec des tests produits (ah ben oui, on y revient!), et des réponses aux questions qu’on me pose le plus souvent par rapport à mon fils.
Ca vous tente? 😉

Tous à poil!

Voilà, comme le font beaucoup d’illustrateurs, je participe à l’initiative de Martin Vidberg, « Tous à poil » !

Je ne vais pas vous faire le topo, je vous laisse jeter un oeil à sa démarche en lisant son article.

Et du coup, moi aussi je fais tomber la culotte!
(en speed parce que bien entendu, j’ai pris connaissance de ce projet… 15mn avant d’arrêter de bosser hier.)

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(comme d’hab, si vous voulez voir mon anatomie en plus grand, cliquez sur l’image!)

A une époque, je mangeais de la viande.

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Tout a débuté lorsque j’avais 15 ou 16 ans.

Je vivais alors chez mes parents, près de chez ma tante, qui élevait des poules. Vous vous doutez certainement de ce qu’il s’est passé : un beau (non) jour, mes parents ont décidé de  se faire un petit gueuleton volailler « à l’ancienne ».
Déjà pas très chaude à l’idée de manger ces bêtes que j’aimais bien, que j’avais photographié (oui, vous pouvez vous moquer, mais c’était le début de ma période photographique), j’avais décidé de me mettre des oeillères et d’imaginer que ce n’étaient pas celles que j’avais connu. Cela rendait la situation un peu moins horrible à mes yeux.
Sauf que j’ai été forcée (enfin comprenez-moi : j’ai toujours eu une crainte viscérale de déplaire à mes parents, et lorsqu’ils ont insisté devant mon refus, j’ai fini par céder) à plumer ces volatiles, après avoir assisté à l’attrapage et à l’égorgement.
Sans entrer davantage dans les détails, cela ne s’est pas passé comme prévu, et j’ai eu une réelle prise de conscience de mes actes. Je dépeçais un animal.

Ecoeurée, j’ai voulu devenir végétarienne à cet instant précis.
Mais voilà, je suis issue d’une famille où non, on ne devient pas végétarien comme cela, madame. Que nenni, baste de ces raisonnements néo-hippies comme quoi l’on peut vivre sans manger d’animaux, ils sont là pour cela, et puis on ne va pas en plus devoir faire deux types de repas pour Mademoiselle Qui-Refuse-La-Viande. Ma tentative a duré presque deux semaines avant que je remette mes oeillères et recommence à être omnivore.

Quelques mois plus tard, bac en poche, je vivais seule. Libre donc à moi de tout simplement ne pas acheter de viande, et de renouer avec mes idéaux. J’étais en couple avec un carnivore (oui, là, il était difficile de parler d’omnivore tant il aimait la viande), mais, même s’il se moquait de moi, il respectait mes choix.
Mais la pression de la belle-famille a, une fois de plus, eu raison de mon végétarisme. J’étais jeune, mes appuis étaient faibles, je voulais leur plaire coûte que coûte.
J’ai cédé, et suis redevenue omnivore.

Les années ont passé. Je ne me posais plus la question, je n’étais plus tellement tiraillée entre mes idées et mes actes, je refoulais cette partie de moi qui était scandalisée à l’idée de tuer un animal pour le manger, bien que parfois, mon côté défenseur de la cause animale refasse surface.
Je voulais m’engager auprès de la SPA, des associations anti-corridas, militer contre le port de la fourrure, mais au vu de mes habitudes alimentaires, je me sentais hypocrite.
Je travaillais dans la restauration rapide, et la vue des viandes crues que je préparais me dégoûtait, j’étais en colère contre moi-même tout en me disant que « je n’avais pas le choix, il fallait que je travaille pour payer mes études ».

Des années se sont écoulées ainsi. Perdue entre mon désir de ne pas faire souffrir d’animaux, ne pas les tuer, et mes habitudes alimentaires qui s’accrochaient comme l’odeur de la viande crue à mes vêtements.
Après tout, j’avais vécu plus de vingt ans avec le schéma des repas viande+accompagnement. Un repas sans viande n’était pas complet, chaleureux, convivial. Un repas sans viande était bon pour les régimes, ce ne pouvait être autre chose qu’un repas fade, des légumes à la vapeur sans goût et humides. Il m’arrivait d’en faire, mais cela ne pouvait pas, et ne devait pas, devenir une habitude.
Et puis comme  beaucoup d’enfants (oui, je considère que j’ai été une enfant et une adolescente très tard, j’ai encore parfois du mal à me considérer comme une adulte), je n’aimais pas les légumes. Je n’allais pas chercher plus loin que cela.

***

Il y a un peu plus d’un an, j’ai arrêté de manger de la viande (et du poisson, car, qu’on se le dise, le poisson est bel et bien de la chair animale).
D’un coup, comme cela, du jour au lendemain.

Pourquoi?
Parce que je n’y arrivais plus.
Je me suis un jour retrouvée face à mon steak haché, dubitative. Je l’ai coupé, enfourné dans ma bouche, mais je n’ai pas pu l’avaler. Des larmes me sont montées à la gorge, j’imagine que c’était la prise de conscience qui avait fait son grand retour. J’ai recraché, bu trois ou quatre verres d’eau d’affilée, sous le regard intrigué du GrauLoup.
A partir de cet instant, je n’ai plus mangé de viande, et n’ai plus jamais retrouvé cette sensation.

J’étais comme apaisée.
J’osais enfin dire que je trouvais le port de la fourrure horrible, les conditions d’élevage des animaux atroces, je n’avais plus cette boule au ventre au moment de passer à table, je souriais intérieurement lorsque je faisais mes courses et que je passais devant le rayon boucherie sans y avancer.
A cette époque-là, j’ai enfin réussi à affirmer ma prise de position auprès de ma famille et de ma belle-famille (qui a été vraiment géniale, pour des tas de choses mais pour cela particulièrement). Des tas de raisons ont fait que cela a été possible, j’avais mûri, mes rapports avec mes parents s’étaient apaisés, c’était ma troisième « tentative », j’étais sûre de moi et bien plus stable dans mes positions. J’arrivais avec mon discours que je tiens encore aujourd’hui : « je ne mangerai pas de viande, mais je ne serai pas plus exigeante pour autant : je me contenterai parfaitement de l’accompagnement que vous aurez choisi ».
C’est passé tout seul.

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Oh, je ne vais pas vous mentir, cela a été un véritable casse-tête de trouver comment cuisiner sans le schéma que j’avais toujours connu de la viande+accompagnement, d’autant que mon goût pour les légumes n’était pas des plus développés.
Je me suis d’abord forcée à cuisiner mes légumes comme je savais déjà le faire, mon trio courgettes-poivrons-carottes (alors que je détestais les carottes cuites! mais il fallait bien varier un peu) à la poêle s’est petit à petit accompagné de céréales diverses et variées, au fur et à mesure de mes recherches sur le net et de mes tentatives d’expérimentations culinaires.
Et puis j’ai découvert les crèmes végétales, d’autres légumes, et les protéines de soja et autres « fausses viandes » pour tricher un peu de temps en temps et refaire mes recettes carnées façon végétariennes.
Il y a eu des échecs, j’ai encore en mémoire le goût amer et âpre de ma tentative de navets blancs à la poêle, mi-crus mi-brûlés, qui n’ont jamais repassé le seuil de ma porte.
J’ai redécouvert les différentes cuissons, les épices et arrangements, et jour après jour, même si je suis loin d’être une grande cuisinière, j’ai réussi à réaliser des repas variés et savoureux très mangeables.

Petit à petit j’ai même supprimé totalement les oeufs de ma cuisine (j’en consomme encore lorsqu’ils sont inclus dans les préparations que j’achète toutes prêtes comme les biscuits, mais jamais lorsqu’ils prennent une place importante dans la composition des aliments), ainsi que le beurre et la crème.
Je me suis remise à la pâtisserie, et réalise maintenant de délicieux gâteaux végétaux (en très grande partie grâce à AntigoneXXI et particulièrement son article sur Comment remplacer les oeufs, je ne la remercierai jamais assez pour cela). D’ailleurs, un gâteau au yaourt sans lait ni oeufs est en train de lever dans mon four!
Je ne consomme que rarement des produits laitiers, uniquement sous forme de fromage. Eh oui, les habitudes ont la vie dure, et j’ai beau culpabiliser à chaque fois que j’en mange, j’ai du mal à m’en défaire totalement. Je me dis que, comme pour le reste, cela viendra sans doute un jour, en attendant, je limite un maximum.

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Qu’en est-il de mes hommes, me demanderez-vous (ou pas, mais j’espère quand même que vous lirez ce paragraphe)?
Eh bien ils sont presque végétariens, eux aussi.
Je ne cuisine plus du tout de viande depuis un an (au début, je leur faisais cuire un steak, une escalope… pour accompagner le plat végétal, mais plus maintenant). Donc, il est très rare qu’ils en mangent à la maison, puisque c’est essentiellement moi qui cuisine (non, ce n’est pas une question de machisme) ! Bien sûr de temps en temps le GrauLoup achète du jambon, du saucisson, des steaks hachés. Je cuisine mon plat, il se fait cuire sa viande, et voilà.
Progéniture mange de la viande, des oeufs, du lait. Pas que cela me plaise outre mesure, ou que j’estime qu’une alimentation végétale serait mauvaise pour lui (bien au contraire), mais je pense qu’il est important qu’il fasse le choix de manger végétar/l/ien de lui-même, sans que je ne lui impose. A la maison, il mange végétal. Chez sa nounou, il mange de la viande ou du poisson tous les jours ou presque,  au restaurant également (il faut dire que je n’ai pas encore trouvé de menu enfant végétarien), et si son père a acheté de la viande pour les repas à la maison, il lui en lâche un peu.
S’il ne veut pas manger sa viande ou son poisson, je ne vais pas le forcer, vous pensez bien, mais je tiens à ce que cela reste un choix pour lui.

Il est donc tout à fait possible d’être végétarien en couple lorsque sa moitié ne l’est pas. A condition bien sûr d’être un minimum tolérants!

***

Depuis que je suis végétarienne, j’ai perçu un énorme changement au niveau de ma santé.
Sans aller jusqu’à dire que je suis devenue une super-louve-over-vitaminée, je tombe malade moins souvent, je digère bien mieux, je suis moins ballonnée. Ma peau est plus saine, de même que mes cheveux et mes ongles.
J’ai perdu beaucoup de poids, tout en étant plus en forme que jamais. Attention, je ne suis pas en train de dire qu’être végétarien permet de perdre du poids, c’est un simple constat de ma propre expérience : l’absence de produits animaux dans mon alimentation a réduit considérablement mon apport en graisses superflues, et mon corps assimile mieux ce que j’avale, sans stocker outre mesure.

Surtout, je ne culpabilise plus quant à mes principes : je mange des choses « inertes ».
Et depuis, je suis bien plus sereine !

Nous vivons à une époque et dans une société où les alternatives végétales sont facilement accessibles. Il est très aisé de manger varié et savoureux sans impliquer la présence de produits animaux dans notre alimentation, cela m’a énormément aidée dans ma démarche.
Alors j’ai décidé de profiter du progrès alimentaire afin d’apaiser ma conscience!

***

J’espère que vous n’aurez pas vu cet article comme étant de la propagande végétarienne, ce n’était pas le but.
J’ai simplement voulu vous faire partager mon cheminement vers ce choix alimentaire, sans essayer de vous convaincre de quoi que ce soit (autrement, mon argumentaire aurait été bien faible…).

Cela vous intéresserait-il que je publie de temps en temps des recettes végétar/l/iennes?

Je vous laisse sur mon ressenti général :

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