Ma vie (à la montagne) : le bond en avant.

Bonjour bonjour!

Aujourd’hui, je reprends enfin le blog pour parler… de moi.
Pas de partenariat, pas de pub, rien de tout ça, juste, un petit billet pour vous partager un peu de ma nouvelle vie.
D’ailleurs, à la base, je voulais tout raconter en une seule fois, mais j’ai beau élaguer mon texte, je suis bien trop bavarde, donc réjouissez-vous (ou pas), je vais faire ça sur plusieurs billets!
Et d’ailleurs-bis, une des raisons pour lesquelles je n’écrivais plus (hors partenariat) ici était le manque de temps pour réaliser les illustrations. J’ai décidé de changer de mode de réalisation de ces dernières, afin d’en proposer toujours une ou deux originales, mais sans que cela ne me prenne trop de temps. 

Donc.
Comme vous le savez peut-être, en fin d’année dernière j’ai dit adieu à Toulouse, la ville où j’ai vécu pendant 18 ans (oui, donc plus de la moitié de ma vie, donc).
C’était un énorme pas pour moi, qui n’avais, globalement, connu qu’elle (arrivée très jeune, puis partie à la campagne pendant mon année de Terminale, dès que j’ai eu mon bac j’ai supplié mes parents de me prendre un studio dans la ville rose pour y retourner, et y ai donc passé 11 ans ensuite). D’autant que je ne suis pas du tout du genre à bouger : quand je suis quelque part, j’y reste.
J’avais ma soeur, là-bas, de très rares amis, « la civilisation » à portée de main. Mes souvenirs, mes habitudes (d’autant que récemment, je vivais dans le quartier où j’avais grandi), toute ma vie. La ville où mon fils est né.

Pas en centre-ville directement, j’étais « au bord » de la ville, à quelques kilomètres à peine de l’autoroute qui m’amenait chez mes parents, chez mon autre soeur, chez mon frère.
Idéalement située, un coup de voiture et hop, j’étais où je voulais. Le parc, les boutiques (non, par contre, le shopping ça n’a jamais été mon truc, mais avec un enfant, on se crée des besoins plus ou moins réels, notamment sur les fringues qui deviennent trop vite trop petites), les supermarchés, les 5 ou 6 boutiques bio à moins de 15km alentour… Bref, la vie à la ville, mais dans un quartier calme : pourquoi changer?

L’envie de changer d’air s’est installée petit à petit, d’abord à cause des nuisances sonores de mes voisins du dessous.
Et quitte à changer, pourquoi pas changer du tout au tout? Après tout, mon mec est en télétravail, je suis freelance : pas besoin de vivre à la ville, du moment qu’on a une connexion internet, on peut s’installer où on veut. C’est un des atouts de notre mode de vie, et si on tentait de s’éloigner de tout?
Fuir le bruit, la pollution (tant que possible), on voulait de l’espace (parce que travailler dans 3m2 au fond de ma chambre, devoir débarrasser l’intégralité de mon matériel dès que Progéniture était là, j’en avais ma claque) et du calme. 
On a tous les deux grandi (du moins nos jeunes années) à la campagne, et si on essayait d’offrir ça à Progéniture, à notre tour? Puisqu’on n’a aucune raison-contrainte à rester en ville?

Mon père m’a suggéré de revenir là où j’avais passé les premières années de ma vie (surtout parce que c’était moins loin de chez eux!), et en prenant la route pour la toute première visite, je suis tombée amoureuse de la région. Réellement. Il était devenu inconcevable que je cherche ailleurs, c’était  là que je voulais vivre.

Une trentaine de visites plus tard (ah on en a vu, des ruines, des zones où limite il n’y a pas d’eau potable, des trucs magnifiques mais hors de prix, des baraques à 14 pièces, des masures où on a failli se blesser rien qu’en montant l’escalier, des trucs avec du potentiel mais minimum 1 an de travaux…), j’avais trouvé la maison de mes rêves, approuvée à l’unanimité par mes hommes (dont mon père).

Et c’est ainsi que j’ai posé mes cartons et mes toiles à la montagne.
Au pays du saucisson, même, puisque c’est LA fierté locale, l’industrie qui fait vivre la ville (mais si, c’est une ville. une toute petite.), l’emblème de la région (on a même le musée de la salaison, si, si).
Moi, fraîchement (en fait, depuis un peu avant le déménagement) végétalienne. J’y reviendrai dans un autre billet, j’ai pas mal de choses à raconter à ce sujet.

Ce qui est assez drôle, c’est que quand on est arrivés, la moitié de la ville nous connaissait déjà. Parce que c’est une toute petite ville, et qu’on a « repris la maison » d’une vieille dame qui était bien connue visiblement, et qu’on est des jeunes.
Il faut savoir qu’ici, il y a comme un « trou noir » dans l’âge de la population : entre 17 et 40 ans, il n’y a quasiment personne. Normal, quelque part : il n’y a pas d’activité « branchée » (shopping, cinéma…) à moins d’une heure de route. J’ai été ado moi aussi, et je comprends qu’ils mettent les voiles dès que possible!

Mais ce qui est fun aussi, c’est que les gens, passé le « ah, c’est vous la toulousaine? », prennent systématiquement leur air le plus grave, voire désolé, pour me demander, presque à mi-mots : « mais… vous travaillez où? ».
Et de répondre que mon homme est en télétravail, et moi illustratrice indépendante, je vous assure, leur réaction vaut le détour : si à Toulouse, les réactions tournaient entre l’envie et l’admiration (« houlà, je pourrai pas travailler depuis chez moi, je serai trop tenté de faire autre chose »), ici, c’est plutôt suspect et incompréhensible (je suis sûre qu’il y en a qui pensent qu’on est des trafiquants de drogue et que notre activité indépendante est une couverture).
Enfin, globalement, passées les premières semaines de regards de travers (« c’est eux, les jeunes! »), on découvre qu’en fait, les voisins, ben c’est des gens normaux, pas de gros speedés égoïstes comme on avait à Toulouse (j’exagère, on en avait de rares biens, là-bas).
Des gens qui te disent bonjour, qui connaissent le prénom de ton gosse, qui te proposent de te prêter des outils pour ton jardin et qui t’installent des barils pour récupérer l’eau de pluie sous ta gouttière, parce qu’ils ont pensé que ça te rendrait service.

Et puis, la question qui m’a longtemps angoissée, mais qui maintenant me fait rire : « Mais vous n’allez pas regretter votre vie à la ville? »

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Non.
On ne regrette pas. Mais alors, genre pas du tout.

Déjà parce qu’ici, paradoxalement, on fait tout à pieds. Tout est à portée de main, mais réellement : la crèche, l’école pour Septembre (de la maternelle au primaire, c’est dans notre rue, et le collège est en bas de la crèche), les courses, le médecin, la Poste… Tout ce dont on a besoin au quotidien est à moins de 5mn à pieds.
Et ça nous motive d’autant plus à le faire, puisque finalement, c’est pas si difficile que ça…

Je sors encore de temps en temps le porte-bébé (autant vous dire que j’entretiens mon côté « alien » , ici, on ne porte pas alors que la ville est composée à 80% de côtes, et surtout pas un enfant qui marche), bien que cela devienne rare (3 ans passés, le glas de la fin du portage commence à se faire entendre). Cela dit, porter systématiquement un enfant de 18kg dans les bras au retour de la crèche parce qu’il a besoin de sa dose de proximité quand on se retrouve le soir, avec le sac-de-fringues-de-rechange et les manteaux, c’est une excellente raison d’aérer le porte-bébé, non?

Alors qu’à Toulouse, on ne se déplaçait qu’en cas de nécessité (même les balades : on ne sortait se promener que quand on ne voyait pas d’autre alternative pour occuper/calmer Progéniture), on découvre enfin le plaisir de sortir pour le simple fait de sortir. Ermites, nous? Franchement, ouais. Mais on se soigne, du coup.

C’est simple : à Toulouse je prenais la voiture tous les jours, parfois plusieurs fois (la nounou était à 20mn, les courses inaccessibles hors rocade ou transports en commun… et c’était une habitude, mauvaise, mais tenace).
Ici, je ne la sors que pour aller finir de vider notre ancien logement, ou pour aller voir la famille.

C’est quelque chose dont je suis très contente, et même un peu fière  : avoir réussi à me défaire de cette habitude, de ce réflexe, de prendre la voiture dès que je voulais me rendre quelque part.
On ne peut pas totalement s’en passer, bien sûr, dans un coin aussi reculé et isolé que celui où nous sommes à présent. Enfin, peut-être que si, mais je ne suis pas dans cette démarche. Je suis simplement contente de ne la prendre que très occasionnellement, et de faire tout à pieds.
D’autant que, sans entrer davantage dans les détails (du moins pas maintenant), il y a 4 ans, je ne me déplaçais quasiment plus, et uniquement avec une canne.
Je réapprends à marcher depuis ma grossesse, et le faire à présent quotidiennement et sans efforts est assez réconfortant pour moi.

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J’ai encore beaucoup de choses à vous raconter, toujours dans le domaine du changement de mode de vie.
Le frein que j’ai mis à la surconsommation, mon récent végétalisme, la prise de recul quant à beaucoup de choses…
Tout ça, j’ai envie d’en parler, alors à bientôt 😉

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6 réflexions sur “Ma vie (à la montagne) : le bond en avant.

  1. « je suis sûre qu’il y en a qui pensent qu’on est des trafiquants de drogue et que notre activité indépendante est une couverture »
    Ha ha ! 😀 J’adore !
    Comme j’adore cet article et ai hâte de lire la suite !
    Bonne fin d’emménagement !

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